Vivement maintenant !


6 mois de travail pour effectuer cette transition… merci Antoine pour ce chemin

LE MANIFESTE DES TIERS-LIEUX

En juin 2013, la communauté francophone des Tiers-Lieux Open Source lance un appel à contribution pour créer collectivement le premier document de référence sur les Tiers-Lieux. Sur une plateforme en ligne dédiée, un vaste ensemble de questions ouvertes a invité les acteurs des Tiers-Lieux francophone (créateurs, développeurs, usagers, financeurs, etc.) à se pencher sur leur démarche. A mettre en commun les savoirs liés à cette dynamique. Ce questionnaire est parti du constat d’une très grande hétérogénéité des acteurs et de leurs zones géographiques. Les acteurs mettent en œuvres des pratiques indépendamment de leurs catégories socioprofessionnelles, de leurs modes de vies, etc. En s’appuyant sur les données récoltées, sur l’expérience de terrain et sur une recherche plus fondamentale, il s’est agit de privilégier l’analyse du processus déterminant l’action plutôt que les résultats de l’action. De considérer les Tiers-Lieux dans leurs biographies afin d’en explorer l’esprit.

A l’initiative de ce manifeste, il y a un engagement quotidien. Le même que pour une multitude d’individus qui de la conception jusqu’à la mise en œuvre et au déploiement, avancent à l’aveugle et assument les risques que cela suppose. Et ils sont nombreux. Car dans ses réflexions, ses processus, ses histoires et dans l’épreuve de ses limites le Tiers-Lieu est avant tout un projet politique. Il est ici question de conscience stratégique. L’amélioration des conditions de vie des citoyens et le dépassement de crises économiques et écologiques majeures ne procède pas uniquement par la mise en place d’un artefact de plus dans la course à l’innovation. Au-delà des modes, des actions dispersés et des controverses techniques et terminologiques, l’enjeu du Tiers-Lieu est de reconsidérer la manière dont se pense la création de valeurs. Comment ces valeurs se créent et ce qu’elles apportent en terme d’intérêt général.

L’important n’est pas uniquement de savoir s’il y a émergence mais si ce qui émerge est bon pour nous.

En faisant cohabiter localement des mondes différents et parfois contradictoires, le Tiers-Lieu enclenche un processus de rééquilibrage sur le territoire (territoire institué ou territoire projet). Il provoque un dialogue et des frictions, là où l’expertise clôt la discussion. Il invite à prendre possession, à faire évoluer, à explorer et à appliquer des solutions sur des problématiques jusqu’alors balisées. Qu’il soit question de gestion, de création, de production, de culture, de consommation, d’éducation, de famille, d’objets et de choses, il suggère une démarche de ré-appropriation de certains mécanismes sociaux. La démocratisation des technologies numériques a banalisé ce genre d’intervention. Elles trouvent dans les Tiers-Lieux un prolongement tangible. Ils en ont le même potentiel transformationnel, créatif, voire transgressif. C’est pour cette raison que le Tiers-Lieu est Tiers. Non pas à cause d’une position d’entre deux, mais parce qu’il ouvre sur de nouveaux champs.

Il est temps de mieux comprendre comment cette dynamique répond de manière singulière aux défis qui nous attendent et de mettre en lumière certains codes propres à cette technologie sociale. Comment et pourquoi ça marche ? (ou pas)

Ce que vous pouvez faire maintenant

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